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Chapitre VIII
« la guerre civile s’étend en Espagne, Mussolini emploie des gaz contre les populations éthiopiennes et Hitler réclame l’Autriche et les Sudètes. » p. 62
« Je fus heureux de constater qu’il avait un accent allemand. La France et l’Allemagne étant des ennemis héréditaires, je sentais que, quel que fût le motif de son agression, j’avais bien fait de le rosser. » p. 63
Chapitre XII
« Le château et son domaine étaient situé à l’embouchure de la Vistule, dans ce « corridor polonais » séparant la Prusse-Orientale du reste de l’Allemagne. Hitler en réclamait la « restitution », ayant déjà fait installer dans la ville libre de Dantzig, un gouvernement de nazis. » p. 90
« à un moment où des hommes d’État moins portés sur l’honneur s’abandonnaient à la honte et s’inclinaient à Munich devant la canaille nazie. » p. 94
Chapitre XIV
« J’étais donc on ne peut plus mal préparé à la vue de cette Europe de 1939 que je traversais. A la frontière italienne, grouillante de chemises noires, de poignards et d’emblèmes fascistes, je me vis confisquer mon canif pourtant long de 7 centimètres à peine. » p.102
Chapitre XXII
« – La guerre a été déclarée, me lança-t-il d’une voix étranglée. » p.153
Chapitre XXIII
« En ces mois d’hiver 1940, alors que la guerre se limitait à l’activité des corps francs et des patrouilles et que « le temps travaillait pour nous », il fallait retenir sa table au restaurant plusieurs jours à l’avance… » p.157
« Dès les premiers mois de la « drôle de guerre », il y eut des critiques contre Duprat. » p. 161
Chapitre XXIV
« J’avais fini par avoir une telle confiance dans son jugement que lorsque les Allemands enfoncèrent le front à Sedan, je ne fus pas surpris. » p. 175
Chapitre XXV
« Paris venait d’être déclaré ville ouverte. » p. 179
« Je dois peut-être rappeler qu’en ces heures de capitulation, la folie n’avait pas encore pris ses quartiers dans la tête des Français. Il n’y avait qu’un seul fou [= Charles de Gaulle], et il était à Londres. » p. 179
Chapitre XXVI
« Le maréchal Pétain [le cerf-volant à son image] réussit enfin à prendre l’air mais lorsqu’il déploya ses bras ailés à trente mètres au-dessus de nos têtes, ce fut un caporal allemand qui se trouva photographié tenant le bout de la ficelle. » p. 185
« Le rendez-vous de Montoire lui en donna l’occasion et son cerf-volant représentant la poignée de main historique entre le maréchal Pétain et Hitler flotta cinq jours après l’événement. » p. 186-187
Chapitre XXXVIII
« A la fin de juillet 1942, la nouvelle de la rafle du Vel’d’Hiv’ parvint à Cléry. […]
– Tu as entendu la nouvelle, Ambroise ? La rafle du Vel’d’Hiv’ ?
– Quelle rafle ?
– Ils ont ramassé tous les Juifs et les ont déportés en Allemagne.
Mon oncle se taisait. Il n’y avait plus de cerf-volant auquel il aurait pu s’accrocher à ce moment-là. Duprat cogna du poing sur la table.
– Et les enfants aussi, gronda-t-il. Ils ont livré les enfants aussi. On ne les reverra jamais vivants. »
p.277-278
« Le premier cerf-volant qu’il assembla représentait un village sur fond de montagnes, entouré d’une carte de France qui permettait de le situer. Le nom du village était Le Chambon sur Lignon, dans les Cévennes. Mon oncle ne m’expliqua pas pourquoi il avait choisi ce village plutôt qu’un autre. Il se borna à me dire :
– Le Chambon. Retiens ce nom. »
p.280-281
Chapitre XL
« Je devais me rappeler ce petit discours du général von Tiele quelques mois plus tard. Le 20 juillet 1944, lorsqu’un autre « officier d’élite », le colonel-comte von Stauffenberg, déposa dans sa serviette une bombe au Q.G. d’Hitler à Rastenburg et que l’explosion laissa le Führer à peine commotionné, je me dis qu’une fois encore avait fait défaut à tous ces seigneurs un simple caporal artificier qui aurait su donner à la bombe la puissance nécessaire. C’était une bombe qui manquait de souffle populaire. » p. 301-302 :
Chapitre XLIII
« – Il [Ambroise Fleury] est à Buchenwald.
Je savais fort peu de chose, à cette époque, des camps de la mort. Le mot « déportation » n’avait pas encore pris dans mon esprit tout son poids d’horreur. »
p. 317
« Bref, cette créature, Ilse Koch, qui était gardienne au camp des femmes, se faisait fabriquer des abat-jour en peau de détenus morts. Non, ne faites pas cette tête-là : ça ne prouve rien. Et ne prouvera jamais rien, quelle que soit l’abondance de preuves. […] C’est donc Ilse Koch qui eut cette idée : elle vint demander à Ambroise Fleury de lui assembler un cerf-volant en peau humaine. Eh oui. Elle en avait trouvé une avec de beaux tatouages. Ambroise Fleury dit non, évidemment. Ilse Koch le regarda fixement, puis lui dit : « Denke doch. Réfléchis. » Elle s’éloigna, avec sa fameuse cravache, et votre oncle la suivit des yeux. » p. 320
« – Ils l’ont tué.
– Oh, non, non, je puis vous rassurer à cet égard, s’empressa de me réconforter M. Terrier. Ils l’ont simplement transféré dans un autre camp.
– Où cela ?
– A Oswiecim, en Pologne.
J’ignorais alors qu’Oswiecim devait devenir plus connu dans le monde, comme il se doit, sous un nom allemand, celui d’Auschwitz. » p. 321
Chapitre XLVI
« C’était le 2 juin. Quatre jours plus tard, nous étions couchés à plat ventre à deux kilomètres à l’est de la Motte sous les bombes et je demeure aujourd’hui encore convaincu que le premier objectif atteint par les milliers de bateaux et d’avions alliés de l’opération Overlord fut ma bicyclette. » p.341
Chapitre XLVII
« Je me ruai en avant. Lila était assise sur une chaise à côté de la fontaine, la tête rasée. Le coiffeur Chinot, la tondeuse à la main, le sourire aux lèvres, s’était écarté un peu et admirait son œuvre. Lila se tenait sagement sur la chaise, dans sa robe d’été, les mains jointes sur ses genoux. Pendant quelques secondes, je ne pus bouger. Puis ce fut un déchirement dans ma gorge, un hurlement. Je me jetai sur Chinot, lui donnai un coup de poing dans la gueule, saisis Lila par le bras et l’entraînai à travers la foule. Les gens s’écartaient : c’était fait, accompli, on avait fait payer à la « petite » se coucheries avec l’habitant. Plus tard, lorsque je puis penser, ce qui demeura, au-delà de l’horreur, ce fut le souvenir de tous ces visages familiers que je connaissais depuis mon enfance : ce n’étaient pas des monstres. Et c’était bien cela qui était monstrueux. » p. 355-356