« A la fin de juillet 1942, la nouvelle de la rafle du Vel’d’Hiv’ parvint à Cléry. […]
– Tu as entendu la nouvelle, Ambroise ? La rafle du Vel’d’Hiv’ ?
– Quelle rafle ?
– Ils ont ramassé tous les Juifs et les ont déportés en Allemagne.
Mon oncle se taisait. Il n’y avait plus de cerf-volant auquel il aurait pu s’accrocher à ce moment-là. Duprat cogna du poing sur la table.
– Et les enfnats aussi, gronda-t-il. Ils ont livré les enfants aussi. On ne les reverra jamais vivants. »
p.277-278
« Le premier cerf-volant qu’il assembla représentait un village sur fond de montagnes, entouré d’une carte de France qui permettait de le situer. Le nom du village était Le Chambon sur Lignon, dans les Cévennes. Mon oncle ne m’expliqua pas pourquoi il avait choisi ce village plutôt qu’un autre. Il se borna à me dire :
– Le Chambon. Retiens ce nom. »
p.280-281